L'Albanie fait partie de ces destinations qui surprennent ceux qui osent s'y aventurer. En une semaine, il est possible de traverser des paysages radicalement différents : côtes méditerranéennes, cités ottomanes, montagnes sauvages et capitales en pleine effervescence. Un itinéraire de 7 jours en Albanie permet d'explorer les incontournables du pays sans sacrifier la profondeur de l'expérience. Le site de référence Albania Spirit recense d'ailleurs des ressources pratiques pour préparer ce type de voyage, avec des conseils adaptés aux différentes saisons et aux budgets variés. Avec environ 1 million de touristes par an, le pays reste encore préservé du tourisme de masse qui envahit ses voisins grecs ou croates. C'est précisément ce qui en fait une destination à part.
Un pays des Balkans qui mérite bien plus qu'un détour
L'Albanie appartient à cette région d'Europe du Sud-Est qu'on appelle les Balkans, une zone géographique longtemps restée à l'écart des circuits touristiques classiques. Pendant des décennies, le pays a vécu replié sur lui-même sous un régime communiste parmi les plus hermétiques du monde. Cette parenthèse forcée a paradoxalement préservé son territoire : les côtes n'ont pas été bétonisées, les villages de montagne ont conservé leur architecture vernaculaire, et les sites archéologiques n'ont pas été transformés en parcs à thème.
Depuis les années 2010, les infrastructures routières se sont nettement améliorées, rendant le pays bien plus accessible qu'il ne l'était. Les liaisons aériennes vers Tirana se multiplient depuis les grandes villes européennes, et les prix restent parmi les plus bas du continent. Une nuit dans un hôtel 3 étoiles coûte entre 100 et 150 euros, un repas dans un restaurant local entre 30 et 50 euros pour deux personnes. Ces tarifs permettent de voyager confortablement sans exploser son budget.
Le pays combine aussi une diversité culturelle rare : héritage illyrien, influence ottomane, traces byzantines et modernité post-communiste cohabitent dans un espace géographique relativement compact. En sept jours, on peut en saisir l'essentiel.
Jour 1 et 2 : Tirana, une capitale qui ne ressemble à aucune autre
La capitale albanaise déroute souvent les voyageurs qui s'y arrêtent pour la première fois. Tirana n'est ni une ville musée ni une métropole aseptisée. C'est une ville vivante, parfois chaotique, souvent colorée au sens propre : les façades des immeubles communistes ont été peintes de motifs géométriques vifs à partir des années 2000, à l'initiative de l'ancien maire Edi Rama, devenu depuis Premier ministre.
Deux jours suffisent pour en faire le tour sans se presser. Les sites à ne pas manquer :
- La place Skanderbeg, cœur symbolique de la capitale, avec sa statue équestre du héros national
- Le musée national d'Histoire, dont la mosaïque en façade reste l'une des plus grandes d'Europe
- Le Blloku, ancien quartier réservé à la nomenklatura communiste, aujourd'hui transformé en zone de cafés et de boutiques branchées
- Le bunker 5706, musée souterrain aménagé dans l'un des abris atomiques construits sous Enver Hoxha
- Le parc de la Grande Forêt, idéal pour une pause loin de l'agitation du centre-ville
La gastronomie locale mérite une attention particulière. Les byrek (feuilletés salés), le tavë kosi (agneau au yaourt) et les fërgesë (poivrons et fromage gratinés) constituent une cuisine simple, généreuse et largement sous-estimée. Les marchés du quartier de Pazari i Ri rassemblent producteurs locaux et restaurants dans un espace rénové qui donne une bonne image de la Tirana contemporaine.
Jour 3 : La Riviera albanaise, entre criques et villages perchés
La route qui descend vers le sud du pays longe une côte ionienne que beaucoup comparent à la Grèce des années 1970 : sauvage, peu aménagée, avec des eaux d'une transparence remarquable. La Riviera albanaise s'étend de Vlorë jusqu'à Sarandë, sur environ 150 kilomètres de littoral.
La plage de Dhermi figure parmi les plus belles du pays. Les galets blancs, les eaux turquoise et les quelques tavernes qui surplombent la mer composent un tableau difficile à oublier. Plus au sud, Himara propose une ambiance plus animée, avec ses plages de sable et ses bars de bord de mer. La route qui relie ces deux localités traverse le col de Llogaraja, à plus de 1 000 mètres d'altitude, avec des panoramas sur la mer et les montagnes qui justifient à eux seuls le détour.
Les villages perchés sur les hauteurs, comme Palasa ou Lukova, méritent une halte d'une heure ou deux. On y croise peu de touristes, les habitants y sont accueillants, et les terrasses offrent des vues plongeantes sur la côte. Prévoir une voiture de location pour cette journée : les transports en commun desservent mal ces zones isolées.
Jour 4 et 5 : Gjirokastra et Butrint, deux sites classés par l'UNESCO
Gjirokastra est souvent présentée comme la plus belle ville ottomane des Balkans. Cette qualification n'est pas usurpée. Perchée sur un flanc de montagne, la cité conserve un ensemble architectural exceptionnel : maisons-tours en pierre grise, ruelles pavées, citadelle dominant toute la vallée. L'UNESCO l'a classée au patrimoine mondial de l'humanité, reconnaissant l'intégrité de son tissu urbain historique.
La maison natale de l'écrivain Ismail Kadaré, l'un des auteurs albanais les plus traduits dans le monde, se visite dans le quartier historique. La citadelle de Gjirokastra abrite un musée des armes et offre une vue à 360 degrés sur les montagnes environnantes. Prévoir au minimum une demi-journée pour cette ville.
À une heure de route vers le sud, le site archéologique de Butrint constitue l'autre grand rendez-vous patrimonial du pays. Fondée par les Grecs, développée par les Romains, enrichie par les Byzantins et les Vénitiens, cette cité stratifiée sur plusieurs millénaires se visite en deux heures. Elle est entourée d'une lagune et d'une forêt protégée, ce qui renforce son atmosphère particulière. L'Office National du Tourisme d'Albanie recommande la visite tôt le matin, avant l'arrivée des groupes.
Jours 6 et 7 : Les Alpes albanaises et le retour vers le nord
Le nord du pays révèle une Albanie radicalement différente. Les Alpes albanaises, aussi appelées Prokletije ou "Montagnes Maudites", forment un massif spectaculaire aux confins de l'Albanie, du Kosovo et du Monténégro. La vallée de Valbona et la région de Theth attirent depuis quelques années des randonneurs en quête de grands espaces.
Le trek entre Theth et Valbona, long d'environ 18 kilomètres, traverse un col à 1 800 mètres d'altitude et offre des vues sur des sommets dépassant les 2 500 mètres. La randonnée prend entre 6 et 8 heures selon le rythme. Les guesthouses locales proposent l'hébergement et les repas à des tarifs très accessibles, souvent en pension complète pour moins de 40 euros par personne.
Le village de Theth mérite une nuit sur place. Son église catholique du XIXe siècle, ses maisons en pierre et sa tour de réconciliation (liée aux anciennes lois du Kanun, code coutumier albanais) donnent une idée précise de ce qu'était la vie montagnarde il y a encore quelques décennies. Les habitants qui ont choisi de rester y pratiquent une hospitalité sans calcul.
Pour le retour vers Tirana, la route longe le lac de Shkodra, le plus grand lac des Balkans occidentaux. La ville de Shkodra elle-même mérite une halte de deux heures : son château de Rozafa, ses rues animées et son ambiance de carrefour entre Orient et Occident concluent parfaitement ce tour du pays.
Ce qu'il faut savoir avant de partir
L'Albanie n'exige pas de visa pour les ressortissants de l'Union européenne. La monnaie locale est le lek albanais (ALL), mais les euros sont acceptés dans la plupart des établissements touristiques. Le réseau de distributeurs automatiques fonctionne correctement dans les grandes villes, moins bien en zone rurale : prévoir du liquide avant de partir vers les montagnes.
La meilleure période pour ce type d'itinéraire se situe entre mai et septembre. En juillet et août, la côte est très fréquentée par les Albanais de la diaspora ; les prix montent et les plages deviennent bondées. Juin et septembre offrent un meilleur équilibre entre ensoleillement et tranquillité. Pour les randonnées en montagne, juillet et août restent les mois les plus sûrs, la neige pouvant persister sur les cols jusqu'en juin.
Louer une voiture à Tirana reste la solution la plus flexible pour couvrir l'ensemble de cet itinéraire. Les agences de voyage locales proposent aussi des circuits organisés, utiles pour ceux qui préfèrent déléguer la logistique. Dans tous les cas, sept jours en Albanie laissent rarement indifférent.